XVIII. Le grand dessein de Dieu

 


Il serait absurde de penser que le manifesté résulte d’une erreur divine. Comme nous l’avons vu,
Dieu est acteur dans Sa création. Il me paraît donc évident qu’Il s’intéresse à la dimension
spirituelle infusée dans le manifesté. Nous ne pouvons ignorer notre emprise dans le manifesté, et il
nous reste à nous adapter au mieux. C’est ici et maintenant que nos actions importent.
(Paroles cachées 1.5) « Aime-moi pour que je puisse t'aimer. Si tu ne m'aimes pas, par aucun moyen
mon amour ne pourra t'atteindre. Sache-le, ô serviteur. »
Il est réellement difficile d’aimer Dieu sans Le connaître un minimum. Aussi, le seul moyen de
prouver l’amour que nous désirons Lui porter est de Lui faire des cadeaux. Étant donné qu’Il se
moque totalement des biens matériels, les seuls cadeaux acceptables pour Lui sont nos actes en
faveur de nos frères, et notre dévotion.
(Paroles cachées 2.76) « Les directives ont toujours été données par des paroles et, aujourd'hui,
elles sont données par des actes. Chacun doit accomplir des actes purs et saints, car les paroles
sont le propre de tous tandis que de tels actes sont le fait de nos seuls amis ».
(Bible Matthieu 40) Jésus : « dans la mesure où vous l’avez à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’aurez fait ». Les « petits » sont les pauvres et les opprimés.
Les actes purs et saints sont ceux qui augmentent le bonheur dans Sa création (actes manifestés) et
ceux qui permettent de se détacher du manifesté, méditation et prière principalement.
La dimension collective a désormais une importance toute particulière :
(Paroles cachées 1.68) « Ne savez-vous pas pourquoi Nous vous avons tous créés de la même
poussière? C'est pour que nul ne s'élève au-dessus des autres. [..] Puisque Nous vous avons tous
faits d'une même substance, il vous incombe d'être comme une seule âme, allant d'un même pas,
mangeant d'une même bouche et habitant la même terre afin que, du tréfonds de vous-mêmes, par
vos actes et par vos oeuvres, les signes de l'unité et l'essence du détachement puissent se
manifester ».
(108up. Maha VI-72 p.404) «Pour ceux qui vivent en grandes âmes, l’humanité ne constitue qu’une
seule famille ».
Dans une vision collective, chaque individu apporte sa part au groupe, en fonction de ses aptitudes
propres. L’utilisation par chacun de ses dons innés est une source de bonheur car elle permet
d’espérer un bon résultat à moindre effort. Si un travail est récompensé lorsqu’il aboutit aux
objectifs fixés, il est par contre source de frustration en cas d’échec. Un investissement personnel
réduit ne peut que minimiser la frustration, aussi soyons intelligemment paresseux, et privilégions
de faire ce qui correspond à nos compétences. On peut certes aimer faire des meubles bancals, poser
des papiers peints qui se décollent, faire tomber un arbre sur sa maison, etc. à condition de pouvoir
l’assumer.
Nous avons chacun le devoir de participer au dessein de Dieu. Interdire les arts au nom d’une
religion est un contre-sens. Le principe selon lequel un enfant devrait avoir la mème activité que
son père est à l’origine du système de castes en Inde. Il ne me paraît plus du tout adapté à l’époque
actuelle. Par contre, s’appeler Smith prédispose à travailler dans une entreprise dénommée Efbiaille
en portant des lunettes de soleil jour et nuit.

 

                                                                                                                                                                                                                                  48

XIX. Le cerveau et l’inconscient

 


(108 up. Satyayaniya 3) « La conscience, à elle seule constitue la vie dans le monde; [..] Telle est la
pensée, tel l'être humain : c'est là l'éternel secret ».
Descartes utilisé une formulation très proche : « Je pense donc je suis » , la pensée étant une des
manifestations les plus évidentes de la conscience de veille.
L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) permet de révéler l’activité de zones
(dites aires) spécifiques du cerveau, activées de façon naturelle en réaction à diverses stimulations
externes. Elle prouve que le cerveau est le siège de la conscience, sauf chez les pedocéphales(1).
On s’en doutait un peu.
Ce chapitre résume en partie des informations collectées dans la littérature et extraits des
documentaires intitulés « au coeur du cerveau » (diffusés sur la 5), animés par David Eagleman,
chercheur en neurosciences.
David Eagleman: « nos actions, nos décisions et nos croyances sont presque toutes dictées par des
parties de notre cerveau auxquelles nous n’avons pas accès. Ce monde caché, c’est l’inconscient. Il
détermine notre vie bien plus que l’on ne l’imagine ».
De nombreux processus automatiques peuvent être à l’origine de la conscience de veille.
Prenons l'exemple de la lecture:
Un groupe de caractères graphiques (lettres) défile devant les yeux, grâce à une gestion optimale du
regard, réalisée par un mécanisme inconscient complexe.
D'autre part, la transformation des mots en idées est elle aussi principalement inconsciente, mais
basée sur l’apprentissage de la lecture. Ce processus de transformation est très performant: la
permutation de lettres des mots d'un texte réduit assez peu son intelligibilité. La phase consciente
assemble les idées pour donner une signification au le texte.
Un bruit soudain suffisamment fort va dérouter automatiquement notre attention, témoignant d’une
gestion inconsciente de l’ouïe pendant la lecture.
Les neurosciences nous apprennent que l’apprentissage fabrique des zones dédiées du cerveau, qui
ne seront réaffectées qu’en cas d’accident vasculaire cérébral ou cardiaque, mais aussi parfois
lorsque la fonction correspondante n’est plus utilisée pendant très longtemps, l’usage du vélo faisant
exception.
Autre exemple:
Lorsque l'on regarde une grosse araignée au milieu de sa toile, on peut avoir une réaction de
répulsion (peur instinctive), une réaction d'admiration (elle est jolie), une réaction quasi-mystique
(c'est extraordinaire ce que Dieu arrive à faire), une réaction raisonnable (génial, elle va me bouffer
les pucerons), une réaction scientifique (c'est une arachnida trucbidula), etc. ou leurs combinaisons.
Un de mes enfants manifestait une peur bleue des pommes de pins (ouvertes) vers l'age de huit
mois. On remarquera que la peur instinctive -une émotion-, pourtant profonde de par son
appartenance à la catégorie « peur des animaux à sang froid », peut être inhibée par une pratique
éducative. Des enfants originaires d'outre-mer m'ont confié un jour avoir joué avec des mygales.
J'en ai des frissons rien que d'y penser, et pourtant suis membre de la secte des adorateurs
d'araignées pour des raisons d'insecticide naturel. Il s’agit donc cette fois d’un mélange
d’apprentissage et d’acquis génétique.

 


note1: NdT Il semblerait que l’auteur n’aime pas tellement un sport anglais non dérivé de la marelle.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                        49

 

Une autre catégorie de processus plus ou moins conscients est désignée sous le terme anglais
« flow ».
A propos de l’alpiniste Dean Potter : « Son véritable défi quand il grimpait sans cordes, était de
chasser toute pensée consciente, car la moindre hésitation, la moindre idée aurait paralysé ses
automatismes. Pour ne pas tomber, Dean devait s’en remettre à son inconscient ».
Cet état psychologique optimal dans certaines actions est ce qu’on appelle le flow. Il est recherché
par les sportifs de haut niveau, les musiciens, et ceux qui pratiquent certaines formes de méditation.
Dean Potter: « Peu importe ce que je fais, tant que je suis dans cet état, je suis heureux. Notre
inconscient veut qu’on le libère». Le bonheur provient alors d’une réussite dans l’action qui ne
nécessite pas d’effort mental. Libérer l’inconscient, c’est le laisser agir seul sans lui gueuler dessus
à tout bout de champ. J’ai souvent utilisé le flow sans le savoir pour résoudre des problèmes
techniques difficiles.
Contrairement aux idées reçues, l’inconscient n’est pas uniquement un ennemi, loin de là.
Le somnambulisme est un autre exemple de fonctionnement exclusif de l’inconscient, mais dont
l’origine théorique est une anomalie du sommeil. Nous n’insisterons pas non plus sur les
mécanismes réflexes et parasympathiques, sur lesquels la conscience n’a que très peu de prise, mais
qui peuvent impacter notre conscience. Une grande fatigue peut entraîner un endormissement
incontrôlable, une digestion difficile de la mauvaise humeur.
Une part de innée (génétique) joue un rôle déterminant dans la vie de chacun. Dans les conditions
d’environnement proches que constitue une même famille, frères et soeurs (dont l’acquis génétique
est un mélange plus ou moins aléatoire de celui des parents) peuvent être extrêmement différents,
même à grande distance d’une centrale nucléaire. Le daltonisme a une influence non négligeable sur
le vécu des personnes atteintes, le fait d’être un homme ou une femme bien davantage. Les
tendances imposées par la génétique sont hors de portée de la conscience -qui peut au mieux
s’efforcer de compenser les effets par un apprentissage -, et relèvent donc du domaine de
l’inconscient.
L’environnement culturel et familial tient une place en général nettement plus importante que la
génétique. Les apprentissages qui modèlent une grande part de notre cerveau en résultent
directement.
Sous l’influence si fréquente de notre inconscient, de quelle liberté disposons nous dans nos actes ?
David Eagleman : « Notre libre arbitre existe-t-il, ou est il n’est-il qu’une illusion? ».
Alvaro Pascual-Leone : « On pourrait penser que lorsqu’on décide de faire quelque chose, le
cerveau active des réseaux dédiés à l’action de choisir. Mais on n’a jamais enregistré aucune activité
cérébrale correspondant à la notion de choix ».
La stimulation magnétique trans crânienne permet de déclencher chez les sujets stimulés des
mouvements musculaires à leur insu. Dans l’expérience suivante, on enregistre l’activité cérébrale
d’un volontaire à l’aide électrodes (EEG). Il a les mains sur une table devant lui. Un écran posé
devant lui séquence l’expérience par sa couleur :
• rouge: le volontaire décide seulement quelle main il lèvera lorsque l’écran sera vert.
• jaune: on le soumet à une stimulation trans crânienne, probablement insuffisante pour
déclencher un mouvement(1) .
• vert: le volontaire lève la main sélectionnée précédemment.

 

 


note1: La vidéo ne le précise pas

 

                                                                                                                                                                                                                                            50

Le tableau suivant décrit le séquencement le plus fréquent:

 

 

 

 

 

 


Il arrive que le volontaire lève l’autre main que celle qu’il avait décidé de lever. Il se justifie par
« j’ai changé d’avis, je ne sais pas pourquoi ». Le tracé EEG montre que la cause est bien la
stimulation. La plupart des sujets sont cependant convaincus que c’est eux et eux seuls qui ont
choisi de changer de main, et refusent d’admettre la valeur du tracé EEG. Ainsi, notre conscience se
persuade qu’elle fait librement ses choix.
David Eagleman: «Personne n’a réussi à démontrer scientifiquement l’existence du libre-arbitre ».
L’existence d’une liberté minimale dans nos actes a constitué la base du premier principe. Notre vie
peut-elle vraiment ne dépendre que de nos gènes et de notre passé?
Si c’était le cas, la vie n’aurait aucun sens et toute forme de religion serait futile, le rôle des
Messagers de Dieu inutile.
L’Atman, gouverneur de la totalité nierait alors Ses propres actions. Pirouette, cacahuètes…
L’histoire de l’humanité est dépeuplée de ceux qui ont volontairement laissé leur vie pour une juste
cause. Cette forme de liberté va totalement à l’encontre des règles biologiques et comportementales
de base. Donc notre libre arbitre existe.
On n’en a pas fini avec l’inconscient. Plus subtil encore :
On a préparé six photos d’une main recevant une piqûre de seringue. On fait passer successivement
(ben oui, pas tous ensemble) 130 volontaires dans un scanner, en leur montrant une des photos. On
constate que le réseau de la douleur(1) s’active chez les volontaires. Puis on a renouvelé l’expérience
en attribuant une étiquette à chaque main: juif, musulman, hindou, chrétien, scientologue, athée. On
a pu ainsi observer chez certains sujets une absence de réaction devant certaines étiquettes. Il se
dégage une tendance très nette: une simple étiquette suffit à changer la réaction de notre cerveau.
Une autre expérience consiste à faire voir sous scanner des photos de différentes personnes
correspondant à des stéréotypes de différents groupes sociaux. Normalement, les réseaux neuronaux
du cortex préfrontal médian - centre de l’empathie- sont plus sollicités quand nous pensons à une
personne que quand nous pensons à un objet.
On observe que les réseaux du cortex préfrontal médian de certains sujets sont moins actifs
lorsqu’ils regardent des photos de sans abris. C’est une espèce d’évitement mental, qui déshumanise
les sans abris, les fait considérer comme des objets. Les règles morales que l’on réserve aux
humains ne s’appliquent alors pas. C’est ainsi qu’une propagande ciblée, faisant passer pour des
monstres une catégorie de population, peut parvenir à la déshumaniser. C’est l’explication donnée à
l’origine des génocides.
Positivons.
Tout ce nous avons décrit dans ce chapitre semble indiquer que le cerveau est la triste victime de
mécanismes inconscients. En général, nous disposons heureusement d’une conscience capable de
s’imposer, sans quoi le plus grave est que tout ce que j’écris ici ne sert à rien. L’outil associé est
l’intelligence, source de l’esprit critique. Malheureusement, les enfants sont très peu dotés d’esprit
critique, mais ont par contre un sens de la justice souvent intact. L’éducation est donc primordiale

 

 


note1: Le « réseau de la douleur » n’est pas localisé mais correspond à une forme d’activité spécifique du cerveau, qui peut se
manifester même en l’absence de perception de la douleur.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                          51

dans la lutte contre les aspects négatifs de l’inconscient. La remise en cause des préjugés peut
permettre de réduire les dégâts, mais une voie royale reste à mon avis la méditation.
On peut se demander par quelle magie les neurones parviennent à générer une conscience.
(108up. Annapurna I-47 p.595) « Dans le monde, quel que soit l’objet que l’on considère, il ne
s’agit que d’un processus vibratoire de la conscience, et non d’une entité permanente ».
Je vais tricher un peu, et utiliser des conclusions issues de chapitres ultérieurs.
Le concept de processus vibratoire est intéressante. Elle renvoie intuitivement à la notion d’onde,
plus généralement à un processus ondulatoire très commun en physique. Si l’on prête à la
conscience des propriétés similaires à celles des ondes, la relativité générale est incomplète. Albert
Einstein aurait pu démontrer que la conscience se propage à la vitesse de la lumière. Je déconne.
Supposons l’existence d’ une conscience universelle imprégnant tout dans laquelle le cerveau
jouerait le rôle de transformateur(1), la conscience individuelle serait limitée aux caractéristiques de
ce dernier. Un transformateur parfait refléterait la conscience universelle de façon individualisée.
Quelques arguments, de valeur inégale :
→ L'étonnante précision avec laquelle les mathématiques décrivent notre monde physique laisse
penser à de nombreux physiciens qu'un substrat est commun aux deux disciplines. Einstein
notamment considérait qu'une théorie dans le domaine de la physique devait pouvoir se modéliser
par des équations mathématiques simples.
→ Il a été rapporté en milieu hospitalier des expériences de mort imminente ou de comas à la suite
desquels les patients s’étaient avérés capables de décrire ce qui s'était passé dans la pièce à côté,
fournissant des détails précis sur son mobilier. Il est à préciser que ces patients n'avaient jamais vu
ces lieux auparavant.
→ Les écrits védiques affirment souvent que c'est l' Atman qui possède la seule forme de
conscience existante. Dans la célèbre réplique de Star Wars « Puisse la Force être avec toi », la
Force évoque quelque chose d'immense -en fait infini- que je rapproche de « Atman ».
→ En Asie, les rares enfants qui naissent avec un niveau spirituel très élevé, peuvent avoir une
connaissance innée de détails relatifs à un Maître spirituel décédé des décennies plus tôt, dans une
contrée lointaine. On peut interpréter ce phénomène comme étant une preuve de la réincarnation,
mais pourquoi pas un lien Maître-disciple, notre jeune prodige ayant accès à certaines informations
relatives au Maître, et bénéficiant probablement de Sa bienveillance. Dans le reste du monde, ces
enfants mystiques ont de fortes chances d'être envoyés à l'asile, ou au bûcher.
A propos de bûcher :
L'ergot de seigle, un champignon qui se développe sur le seigle lorsque les conditions climatiques
sont défavorables (froid et humide évidemment), contient du LSA, un puissant psychotrope, ceci
en quantité non négligeable. Il peut donc causer des troubles neurologiques graves tels que des
hallucinations, la sensation de voler, etc., d'où cette image de sorcières chevauchant un balai. Ce
n'est pas un hasard si le nombre de diagnostiquées sorcières a augmenté en période de famine.
Pour ceux qui pensent « tout s'explique », j'affirme ici n'avoir jamais pris de LSA, LSB, LSC ou
LSD. Ben alors.
Il se faut pas toujours se fier aux apparences.

 

 


note1: NdT  Et voilà, l’auteur vient d’attribuer des connaissances implicites à son lecteur. C’est à moi de me taper une description du
transformateur, composant particulièrement complexe. Pour simplifier ce qui nécessiterait des centaines de pages écrites tout
petit, disons que le transformateur est conçu pour accepter une forme d’énergie spécifique (secteur, audio, haute fréquence, etc.)
et ne peut restituer que ce qui correspond à sa nature, et ce toujours avec des pertes.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                           52

 

 

 

 

 

XX. Le corps

 


N’oublions pas que le corps est au service du cerveau, et le cerveau contrôle le corps, ainsi corps et
esprit ne font qu’un. Un mode de vie sain est absolument indispensable pour pouvoir espérer un
fonctionnement harmonieux de la conscience, propice à la spiritualité, ce qui fit dire au Bouddha :
« Notre corps est précieux, car il est le véhicule de notre éveil ». C’est la raison d’être des pratiques
yogiques, dont nous verrons l’effet sur le fonctionnement du corps.
Je ne développerai pas les considérations relatives aux « corps subtils ». Elles ne me semblent de
nature essentiellement théorique et de toute façon sortent de ma compétence. Plouf.
Intéressons nous d’abord à un ennemi moderne du corps.
Je m’appuie ici sur la vidéo « Le stress portrait d’un tueur », diffusé sur France 5.
A l'origine, le stress était positif: quand nos ancêtres primates luttaient pour leur survie, le stress
préparait l’organisme à un effort physique intense (courir ou monter aux arbres), des réactions
indispensables, mais plus du tout adaptées à notre mode de vie actuel. Le neurobiologiste Robert
Sapolsky, a étudié les effets du stress sur nos cousins les babouins, un type de population très
hiérarchisé. Les babouins sont ignobles, donc parfaits pour les recherches. Les mâles alpha
(dominants) mènent la vie dure aux subordonnés.
Le dosage dans le sang de deux hormones (adrénaline, glucocorticoïdes) permet d’évaluer le
niveau d’exposition au stress.
Les observations principales sont:
• La position sociale d’un babouin détermine son taux d’hormones du stress. Chez un mâle
dominant, ce taux est généralement bas.
Concernant les subalternes :
• Ils ont un rythme cardiaque et une tension plus élevée, des plaques d’artériosclérose, connus
pour pouvoir conduire à l’infarctus même chez un conducteur chevronné.
• Ils ont un système immunitaire affaibli: en cas de stress, le cerveau désactive ce qui n’est
pas essentiel, notamment le système immunitaire.
• La chimie de leur cerveau présente des similitudes avec celle d’un humain dépressif: le
stress chronique réduit le taux de dopamine, un neurotransmetteur indispensable à la sensation de
bonheur.
• Les télomères de leurs chromosomes sont raccourcis, effet symptomatique d’un
vieillissement accéléré.
Une étude menée cette fois sur des fonctionnaires anglais a révélé qu’ils se comportent comme des
primates. Je suis convaincue que l’on peut s’attendre au même résultat avec des fonctionnaires
français.
Chez nos amis les rats, une exposition prolongée au stress détruit des neurones de l’hippocampe,
impliqués dans de nombreuses fonctions, dont les fonctions cognitives, que j’ai oublié à quoi t-elles
servent.
Le stress chronique est donc extrêmement dévastateur. Sa cause la plus probable, parce que difficile
à maîtriser, est l’environnement de travail, qui inclut les trajets et déplacements professionnels. Un
environnement excessivement stressant – en général lié à l’incompétence de la hiérarchie ou au
manque de moyens – est de la responsabilité du patron. C’est à lui d’en subir les conséquences.
Malheureusement, notre éducation nous incite à nous détruire la santé pour compenser les
dysfonctionnements des entreprises.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                     53

 

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