IV. Tradition Indienne

 


La Tradition Indienne -je lui ai attribué ce nom en raison de ses origines-, a donné naissance
à l'Hindouisme et au Bouddhisme, et évidemment des nombreuses branches qui en ont dérivé. Elle
s'appuie sur les vedas(1), un ensemble de textes sanskrits étant chacun rédigé sous la conduite d'un
Maître spirituel ou dicté par la tradition orale. Le texte le plus ancien semble dater de 1500 avant
notre ère, mais nous utiliserons les upanishads, plus récentes: les plus anciennes upanishads ayant
été rédigées vers 700 avant notre ère, leur traduction est moins sujette à controverses.
Upanishad est un terme sanskrit que l’on peut traduire par « s'asseoir respectueusement au pied du
maître pour écouter son enseignement avec respect ». Une upanishad est présentée le plus souvent
sous forme de dialogue entre un Maître et un disciple, ou des divinités(2) entre elles. Cette forme
permet au disciple d’exprimer des contradictions, vues avec bienveillance. Selon les vedas, toute
argumentation doit s’appuyer sur un raisonnement infaillible ou sur l’expérience. Les upanishads ne
sont pas du tout des délires métaphysiques ou uniquement une philosophie. Les Maîtres – en
principe des rishis(3)- expriment autant que possible leur vécu. D’autre part, même si certaines
upanishads traitent d’un thème spécifique, une cohérence globale résulte de la connaissance
commune des traditions orales ou écrites antérieures.
Les sujets abordés (de quoi est faite la conscience, qu'est Dieu, l'âme, que se passe t-il après la mort,
comment atteindre l'immortalité…) sont bien futiles par rapport à la seule vraie question: C'est
quand ma prochaine augmentation? Pour un occidental bien payé, les upanishads présentent
cependant l'intérêt d'utiliser des mots (Brahman, akasha, Atman, prakriti, dharma, karma, chitta,
buddhi, samadhi, asmita, samskara, bon on a compris) qui, ne possédant pas d'équivalent direct dans
les langues occidentales, obligent l'intellect à approfondir de façon subtile leur compréhension.
Malheureusement, la signification précise de ces termes peut dépendre du contexte ou de leur
utilisateur. Ainsi, Atman a désigné Dieu dans les upanishads les plus anciennes et c'est ensuite
Brahman qui a désigné Dieu. Il peut être utile d'aborder une upanishad comme une poésie au
détriment de son intelligibilité. Chaque relecture permet d’accéder à un niveau plus subtil.
L'Hindouisme et le Bouddhisme n'étant pas considérées comme des religions monothéistes, nous ne
les développerons pas ici. Il est à noter que le Bouddhisme, souvent qualifié de philosophie (en fait
un haut niveau de spiritualité), prônant les stupidités que sont la non-violence, la compassion et le
respect d’autrui a un impact très positif sur les sociétés qu'il imprègne. L'évolution défavorable que
connaissent ces sociétés actuellement est due à mon avis à l'influence des barbares occidentaux.
Quelques souvenirs de Thaïlande:

 


 Il y a 25 ans, on pouvait laisser un bagage non surveillé dans l'aéroport de Bangkok sans se
le faire voler.
 ● J'ai eu l'occasion d'acheter au marché des vêtements, car cela coûtait moins cher d'acheter
que de faire laver à l’hôtel. Ayant mal calculé le change, j'ai accepté sans marchander le prix
proposé. Le commerçant m'a donné quelques exemplaires supplémentaires, considérant qu'il
m'aurait volée sinon.
 ● Dans une transaction urbaine, la parole donnée a valeur de contrat.

 

 


note1: Les puristes feront une distinction entre vedas et vedanta (fin des vedas). Nous utiliserons toujours le terme veda pour désigner
indifféremment l’un ou l’autre, même si notre argumentation fera majoritairement appel au vedanta.


note2: La notion de divinité (deva) traduit une caractéristique particulière du divin.
note3: Rishi est traduit par « voyant ». Le sens profond, tel que je le perçois, est « qui voit la vie dans toutes ses dimensions », la
connaissance du futur n’étant qu’une conséquence, un effet secondaire.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                   18

V. Le Yoga

 


Le but est ici de montrer la valeur spirituelle du yoga. Un autre chapitre lui sera consacré.
Sur internet, on trouve des propositions de « Yoga pour maigrir ». L'exploitation commerciale du
concept est déjà plus raisonnable lorsqu'il s'agit de la pratique de postures (asanas), et chez les
moins doués, de galipettes. La complémentarité de considérations spirituelles et de méditation peut
rendre la discipline tout à fait honorable.
L’ashtamga yoga(1) (yoga aux huit membres), désigné aussi yoga de Patanjali, est réputé réaliser
l'union de la volonté humaine à la volonté divine à l’aide de différentes pratiques. Le résultat du
Yoga est l'unité.
Yoga vient de yuj : atteler, joindre.
(108up. Shandilya-1 p1005) « Les huit membres du yoga sont : Yama, Niyama, Asana, Pranayama,
Pratyahara, Dharana, Dhyana et Samadhi ». Le texte de Patanjali (les yogasutras) propose une
structuration du yoga tout à fait similaire.
La description de ces membres varie un peu d'un texte à l'autre, car il est admis qu'il existe
différents niveaux acceptables dans la recherche de la perfection spirituelle. Un père de famille est
nécessairement limité par ses obligations sociales. Lorsque ses enfants ont grandi, il peut se
consacrer uniquement à Dieu.
Je propose pour l’instant de détailler ainsi les huit membres :
Yama : contrôle de soi
 ● non violence (refus de causer la moindre souffrance à tout être vivant)
 ● sincérité (pas de mensonge)
 ● refus de convoiter les biens d'autrui
● continence
 ● compassion (bonté)
 ● droiture
● indulgence, patience (notamment pardonner les agressions extérieures)
 ● contentement (impassibilité devant les épreuves)
 ● sobriété alimentaire
 ● propreté physique et purification du mental
Niyama : obligations religieuses
 ● ascèse (respect des règles dictées pour parvenir à l'émancipation du corps)
 ● contentement (se satisfaire de tout ce qui arrive)
 ● piété
 ● charité
 ● dévotion (soumission à Dieu)
 ● étude des textes sacrés
Asanas : postures, contrôle du corps
Pranayama : contrôle du souffle (respiration)
Pratyahara : contrôle des sens
Dharana : concentration (vers Dieu)
Dhyana : méditation
Samadhi : absorption unitive
Asanas et pranayama ont pour vocation d’améliorer le fonctionnement du corps. Ils facilitent
pratyahara et dharana, plus spécifiques de la méditation. Nous y reviendrons.

 

 

 


note1:  Il semblerait que les exégètes ne soient pas tous d’accord sur la classification des yogas. Nous le désignerons donc par
« yoga de Patanjali ».

 

                                                                                                                                                                                                                                                             19

 

Samadhi est le résultat du Yoga dans sa forme la plus aboutie. C'est l'équivalent du nirvana
bouddhiste.
Sans être un grand voyant, on constatera que Yama et Niyama sont à eux seuls largement au niveau
des préconisations des religions. Aussi, en qualité d'auteure qualifiée, je décrète unanimement :
Art 1 : Le Yoga a valeur de religion, et a donc droit de cité, de citer, de six thés dans tout ouvrage
grotesque ou non traitant du sujet. Et toc.
Art 2 : En cas de doute, l'article 1 s’applique. Re toc.
BKS Iyengar1 déniait toute référence religieuse dans le yoga. On ne pratique aucun culte religieux
vers l’extérieur. Le yoga nivelle toutes les croyances.
Peu importe, c’est le résultat qui compte. Nous verrons que Yoga et religions révèlent la même
réalité, vue sous des angles à peine différents.
Précisons que le Yoga peut se présenter aussi sous d'autres formes, dont :
 ●le karmayoga : actions désintéressées en faveur de l'humanité. Retenons Mère Thérésa,
l'abbé Pierre, le Mahatma Gandhi, Martin Luther King. Il est à noter leur réelle dévotion à
Dieu.
● Le bhaktiyoga : dévotion à Dieu. C'est la voie prônée par les religions. Les actes jouent aussi
un rôle déterminant.
En fait, le Yoga s’articule autour de la dévotion, l’action juste et la connaissance.
Le Yoga est souvent vu comme un moyen de libération individuel, selon le principe que l'âme
(individuelle) continue de se réincarner tant qu'elle n'a pas atteint la perfection. C'est une vision bien
étriquée, l'individualité tendant à se fondre dans la spiritualité.
La relation entre individualité et la spiritualité obéit à la loi de Hans Unterschtrumphwaffen:
E0.log(1-exp(t.β(t)t)))) + log(S(t)) = K
avec :
E0 : potentiel ego
β : fonction résistance dynamique spirituelle
t : âge en années
S : fonction concentration spirituelle
K : constante d'évolution, qui dépend très peu de la pression et de la température ambiante.
E0 et K sont propres à chaque individu
Pour les brillants lecteurs qui zont tété aux sciences, j'attire l'attention sur certaines ressemblances
avec les lois de la concentration chimique. Pour les autres non moins talentueux lecteurs qui ont
zété aux lettres ou ailleurs, je m'escuse.
Enfin, il est souvent admis que le yoga de Patanjali constitue la voie de l'esprit, le karmayoga et le
baktiyoga des voies du coeur. Ces voies se rejoignent à l'infini. Connaître Dieu -autant que possible-,
c'est L'aimer, et aimer Dieu, c'est Le connaître.

 


note1: Yogi réputé pour avoir développé des postures (asanas) à des fins thérapeutiques, mais aussi pour sa connaissance du yoga.Voir
Bibliographie.

 

                                                                                                                                                                                                                                                20

VI. De l'imperfection des religions

 


Une première question se pose : Combien y a-t-il de « Dieu unique » ?
Pour les besoins de ma démonstration, il me faut lever l'objection « Dieu n'est pas le même pour les
chrétiens et pour les musulmans ».
Les traductions du Coran que j'ai trouvées des versets 104 et 105 de la sourate 7 sont toutes
comparables à celles-ci :
« Et Moïse dit : "Ô Pharaon, je suis un Messager de la part du Seigneur de l'Univers,
je ne dois dire sur Allah que la vérité. Je suis venu à vous avec une preuve de la part de votre
Seigneur. Laisse donc partir avec moi les Enfants d'Israël." »
Allah désigne ici Dieu, qui a transmis l'Ancien testament au peuple juif, donc aussi aux chrétiens.
Rappelons que les liens historiques entre le christianisme et le judaïsme sont très forts. Les premiers
chrétiens ont été considérés comme membres d’une secte déviante du judaïsme.
Dieu étant unique dans las traditions juives, chrétiennes et musulmanes, j’affirme qu'il n'y a qu'un
Dieu, un seul, unique, le même pareil à tout le monde. Non mais.
Il en résulte une incohérence en apparence :
Jésus a bu du vin et l'a même élevé au rang de symbole. Mahomet a interdit toute consommation
d'alcool et recommandé l’eau ferrugineuse. Dieu (Allah) a-t-Il été distrait ? « Ah zut, Jésus est déjà
parti, j'ai oublié de lui parler du vin. Tant pis, il faudra que j'en parle à Mahomet ». Non,
évidemment. Prétendre que le témoignage de la Providence fût imparfait du subjonctif est un
blasphème évident.
En fait, Jésus s'est adapté à son époque. S'il avait interdit le vin, dont les Romains étaient très
friands, il aurait sûrement été crucifié avant l'heure. D'autre part, Jésus a souvent utilisé des
métaphores pour essayer désespérément de faire comprendre des choses simples. De son temps,
l'esprit analytique n'était pas du tout développé.
Une conclusion s'impose: le côté formel de chaque religion est modelé par l'époque à laquelle le
Messager de Dieu (Allah) est apparu.
(Religions humanité – Les attitudes à l'égard de Dieu : les religions):
« Même si Dieu contribue par une révélation à guider telle ou telle religion, Sa discrétion laisse
toujours à l'homme de la place pour l'erreur ou le doute. Comme tout ce que nous construisons, les
religions ne peuvent qu'évoluer, et donc être imparfaites, chacune d'entre elles restant marquée par
la culture de la société qui l'a vue naître ».
Même si cela paraît évident, il est bon de le rappeler. Les différences apparentes entre les religions
ne devraient cependant pas permettre de douter de l’unicité de leur niveau fondamental. Si Dieu
avait transmis des messages réellement différents dans chaque religion, cela aurait constitué la
preuve d’une incohérence dans Sa méthode.

 

                                                                                                                                                                                                                                                        21

 

PAGE GAUCHE BLANCHE INTENTIONNELLEMENT(1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


note1:  NdT Il est souvent d'usage dans les ouvrages français de laisser une page blanche blanche lorsque l'on veut sauter une page. Les
Anglo-saxons le précisent par « PAGE LEFT BLANK INTENTIONNALLY »

 

                                                                                                                                                                                                                                  22

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